COMMENT ÇA MARCHE

Comment réduire l’impact environnemental de son alimentation ?

Du champ à l’assiette, la production, la transformation et le transport des aliments a un impact sur l’environnement. Quel choix le consommateur peut-il faire pour réduire cet impact ?
Nos choix en matière d’alimentation ont un impact sur l’environnement. Un avocat importé du Mexique, une salade verte bio d’un maraîcher de la région, du poisson surgelé, ou encore de la viande d’agneau… Avant d’arriver dans notre assiette, chacun de ces aliments aura entraîné une dépense en énergie pour sa culture, sa transformation et son transport. Selon les produits consommés, la quantité d’énergie utilisée peut être radicalement différente.

 Dans cette somme de dépenses énergétiques, il faut notamment prendre en compte les besoins en chauffage et électricité de la production sous serre, le carburant utilisé pour la récolte et lors du transport de la marchandise, l’énergie utilisée pour la fabrication et la transformation des denrées alimentaires, pour l’emballage du produit, ainsi que le besoin en électricité et en chaleur pour le stockage et la vente (1). La production sous serre, le transport par avion et la conservation sous forme surgelée sont les méthodes ayant l’impact environnemental le plus important (2).

Polluants et gaz à effet de serre
Selon une étude parue en 2011, en Suisse, il faut l’équivalent de 80 litres d’essence pour produire les aliments qu’une personne moyenne mange en un mois (3). S’y ajoutent les dépenses énergétiques des ménages pour le maintien au frais, la préparation, l’élimination des déchets et le transport. Cette énergie est notamment obtenue à partir de carburants et de combustibles fossiles qui dégagent dans l’atmosphère des polluants et des gaz à effet de serre.

L’impact environnemental de l’alimentation ne se limite donc pas à la consommation d’énergie. C’est aussi un domaine qui est responsable de 16 % des émissions de gaz à effets de serre, (en comparaison avec la construction, les transports, la santé, etc.) (2, 3). Les gaz à effet de serre proviennent en grande partie de l’agriculture. Le méthane (CH4) par exemple, est essentiellement produit par la digestion des ruminants et ce gaz est le plus répandu en Suisse, après le dioxyde de carbone (CO2) (4). S’y ajoutent les émissions issues de la combustion des carburants utilisés dans l’agriculture, dans l’industrie agroalimentaire et pour le transport des denrées alimentaires (2).

La pollution des sols et des eaux par le rejet de pesticides, d’engrais chimiques, de lisier et de boues résiduaires, contenant de multiples substances dangereuses (phosphates, nitrates, ammoniac, métaux lourds ou substances médicamenteuses) posent d’autres problèmes écologiques non négligeables (3).

Recommandations
S’il existe des labels reconnus pour les aliments issus du commerce équitable et de l’agriculture biologique, les indications relatives à l’impact des denrées alimentaires sont souvent maigres. Le consommateur averti peut tout de même suivre certaines recommandations alimentaires qui contribuent à préserver l’environnement (tirées de 2 et 9).

1-Réduire sa consommation de viande et de produits d’origine animale.
L’élaboration des produits d’origine animale comme la viande, les œufs et le lait demandent une consommation énergétique plus élevée que les aliments végétaux (5). Ils requièrent la culture d’aliments qui seront ensuite utilisés pour nourrir les animaux. Près de deux tonnes de lait et de foin seraient notamment nécessaires à l’élevage d’un veau d’environ 200 kilos de poids vif (1).

 2-Renoncer aux produits frais d’outre-mer (ou d’Europe), dont on ne peut exclure qu’ils aient été importés par avion. Acheter des produits de Suisse, voire de sa région.
Selon l’Union suisse des paysans, environ la moitié des produits alimentaires sont importés. Mais bien plus de la moitié de l’impact environnemental de notre alimentation se produit à l’étranger, entre autres du fait du transport des produits importés (6). De plus, le transport en avion a un impact environnemental beaucoup plus élevé que le transport par camion (2). Pour un poids donné, il dégagerait dix fois plus d’émissions de gaz à effet de serre par kilomètre qu’un camion et près de cent fois plus qu’un cargo (7).

3-Acheter des fruits et légumes de saison et renoncer aux produits cultivés en serre.
Hors saison, fruits et légumes poussent souvent sous des serres chauffées ou viennent de loin, encore une fois par avion. Des fraises en hiver ? A éviter !
Consommer bio pourrait également diminuer l’impact sur l’environnement puisque l’agriculture biologique renonce aux serres chauffées et a moins recours aux produits phytosanitaires. Les critères de labels bio importants, comme Bio Suisse, Coop Naturaplan et Migros Bio, excluent par ailleurs le transport par avion (6). Mais la baisse de rendements exige des surfaces agricoles plus étendues, ce qui entraîne une plus grande utilisation des machines (2).

4-Acheter des produits frais ou réfrigérés au lieu des produits surgelés.
Le maintien des produits surgelés à basse température demande beaucoup d’énergie. Leur utilisation devrait donc rester exceptionnelle. Pour éviter le gaspillage, il est toutefois préférable de congeler des aliments facilement périssables, plutôt que de les jeter une fois abîmés.

5-N’acheter que ce dont on a besoin.
Chaque année 2,3 millions de tonnes d’aliments sont jetés en Suisse, soit environ 300 kg par personne et par an. Environ 61 % de ces déchets alimentaires sont produits par les ménages et l’agriculture (8). Diminuer ce gaspillage alimentaire peut être un moyen de réduire notre impact écologique. Il suffit d’acheter uniquement ce dont on a besoin. Concernant les dates de péremption, elles ne doivent pas non plus conduire à jeter des aliments apparemment périmés : les dates indiquées sont des dates optimales d’utilisation ; les aliments peuvent très bien être consommés au-delà (6).

6-Boire de l’eau du robinet plutôt que de l’eau en bouteille.
En Suisse, l’eau est d’excellente qualité, disponible presque partout, avantageuse et écologique, car elle ne nécessite pas de transport supplémentaire et ne produit pas de déchets d’emballage (9).

 

SOURCES :

(1) Combien d’énergie grise dans mon cervelas?, Energy Challenge, Stephanie Sigrist, 20minutes, 31/07/17.

(2) Ecobilan de la production et de la consommation de denrées alimentaires: marge de manoeuvre des acteurs, Dr Niels Jungbluth, ESU-services GmbH, Uster, 2010.

(3) Impact environnemental de la consommation et de la production suisses. Combinaison d’une analyse entrées-sorties et d’analyses de cycle de vie, Jungbluth N., Nathani C., Stucki M., Leuenberger M., Office fédéral de l’environnement, Berne, 2011.

(4) Gaz à effet de serre : le méthane, Les vaches laitières et les émissions, SwissMilk.

(5) Ces aliments sont nocifs pour l’environnement, Energy Challenge, Stephanie Sigrist, 20minutes, 21/08/17.

(6) Faire des choix alimentaires en connaissance de cause, Dialogue Economie verte, Office fédéral de l’environnement (OFEV), 15/10/15.

(7) Impact environnemental de notre alimentation: Les écobilans passent à table, Beat Jordi, Office fédéral de l’environnement (OFEV), 14/02/12.

(8) Déchets alimentaires, Office fédéral de l’environnement (OFEV), 10/06/16.

(9) Feuille d‘info FOODprints® astuces pour manger et boire de manière durable, Société suisse de nutrition (SSN), 08/14, actualisé en 12/15.

 

 

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